
Quand j’y repense, c’Ă©tait incroyable.. J’avais si peur de cette course. Il y a 3 ans je la vivais du cĂŽtĂ© spectateur et elle m’avait terrifiĂ©e…
3800m de natation, 185km de vélo avec pas moins de 3600m de dénivelé positif, 42km à pied sur un parcours tout aussi exigeant.
Je me suis entrainĂ©e pendant des mois avec la ferme intention de terminer mon premier EmbrunMan, dĂ©terminĂ©e comme jamais. Ce qui me faisait le plus peur, c’Ă©tait la partie vĂ©lo, car je ne suis pas habituĂ©e Ă accumuler autant de dĂ©nivelĂ© habituellement: je suis plutĂŽt rouleuse que grimpeuse. Alors pendant ces mois de prĂ©pa j’ai bornĂ© et surtout beaucoup bossĂ© dans le dĂ©nivelĂ©.
CĂŽtĂ© natation, c’est mon sport Ă a base donc pas de problĂšme particulier, l’idĂ©e c’est d’entretenir ce sport et se concentrer sur le vĂ©lo et la course Ă pied, qui sont mes axes majeurs de progression.
CÎté course à pied, le but était de faire du volume et travailler le tempo.
Trois semaines avant la course je valide de grosses sĂ©ances en vĂ©lo et Ă pied: je suis prĂȘte.
Nous sommes enfin le 15 Aout 2024, ce jour si particulier cette annĂ©e. Il est 5h50 et je m’apprĂȘte Ă plonger dans l’eau noire sous les Ă©toiles, pour prendre le dĂ©part de cette Ă©preuve mythique qu’est l’EmbrunMan.
La natation se passe bien, au dĂ©but je ne vois rien du tout et mes lunettes prennent la buĂ©e dĂ©s le dĂ©but Ă cause de l’humiditĂ© j’imagine, je m’oriente aux sensations et au bruit. Le jour sur lĂšve sur la fin de la premiĂšre boucle, le vent aussi. On doit faire face aux vagues sur le lac, une premiĂšre sur ce plan d’eau, d’habitude c’est trĂšs calme ici! Le jour levĂ©, ça me permets d’y voir plus clair et donc de me caler sur un meilleur rythme.
Je sors de l’eau en 1h10 Ă la montre. Une transition rapide, en moins de 4 minutes je suis sur mon vĂ©lo: ce timing lĂ , je le compte en secondes, l’objectif est de poser le vĂ©lo avant 17h00, barriĂšre horaire.
Sur le vĂ©lo les sensations sont trĂšs bonnes, en plus mes parents sont lĂ et font des sauts de puces en moto pour m’encourager. Je suis bien, et j’arrive en haut de l’Izoard plus vite que prĂ©vu, avec une ascension en 1h31 (VS 1h43 lors de la reco en Juin). En haut je dĂ©couvre que mes copines sont venues me faire une surprise, l’Ă©motion est lĂ , les larmes de joie sortent je ne peux pas les retenir! Un rapide changement de ravito, pause pipi et AurĂ©lie arrive aussi: elle a sacrĂ©ment bien roulĂ©!

Un bisous aux copines que je retrouverai sur tout le reste du parcours, des encouragements avec Aurélie et je repars.
Viens ensuite la longue descente de l’Izoard, direction Briançon. jusqu’ici je prends un plaisir fou! Puis au 140eme km, je commence Ă cramper (Margot tu n’as surement pas assez bu et c’est un peu tard..). Ces crampes arrivent juste avant Palon, la cĂŽte de 2km Ă 12% avec un gros passage Ă 16%. A la reco je l’avais bien vĂ©cu, autant aujourd’hui je la subi et elle me mets tarif pour la suite… En arrivant en haut il me faudra jusqu’au pied de Chalvet (km 175) pour rĂ©cupĂ©rer.

ArrivĂ© Ă Chalvet, le supplice revient, j’avais rĂ©cupĂ©rĂ© mais lĂ j’en peux plus, j’ai qu’une hĂąte c’est de poser le vĂ©lo et partir courir. Je le rends compte que je n’ai pas assez mangĂ© depuis la descente de l’Izoard… Inconsciemment je sais que je le payerai plus tard.
Je pose le vĂ©lo en 9h29, heureuse et surprise d’avoir autant kiffĂ© sur le vĂ©lo et d’avoir mieux roulĂ© qu’Ă la reco! Maintenant c’est une autre partie qui commence, en descendant du vĂ©lo je sens que physiquement c’est compliquĂ©. On verra ce que ça donne en courrant.

La maman de Cyril me demande à travers le grillage du parc à vélo, comment je vais. Je lui fais un signe de la main comme quoi ça va mais que je suis mitigée.
AprĂšs une T2 oĂč je prends le temps de changer de chaussettes, de boire et respirer un peu, je pars Ă pied. J’effectue un premier tour sur ma rĂ©serve, j’attends de voir ce que ça donne et je me rends vite compte que c’est compliquĂ© de tenir un rythme aujourd’hui. Je croise les filles au tout dĂ©but, je leur confie ne plus arriver Ă manger et ne plus avoir de jus. Emma me donne quelques conseils que j’applique directement, mais plus j’avance, plus je me sens mal physiquement. Ma hanche se creuse et une douleur s’installe au point de ne plus pouvoir courir.

A la moitiĂ© de mon premier tour, Cyril m’attends, il lui reste 9km, je suis trop contente pour lui, mais impossible de le lui montrer je suis tellement mal! Je lui dit de repartir courir, il faut qu’il aille chercher ce pour quoi il est venu. Je suis fiĂšre de lui!

A partir de ce moment lĂ , c’est un toute autre course que j’entame: un combat avec et contre moi mĂȘme, pour pouvoir arriver Ă temps sur la ligne d’arrivĂ©e de l’Embrunman.
Jâentame une lutte Ă lâeffort comme je nâai JAMAIS connue. Je me suis battue pendant plus de 30km, jâai Ă©tĂ© au bout de moi mĂȘme, physiquement et mentalement, pour terminer lâEmbrunMan dans les temps. C’Ă©tait de loin l’effort physique le plus dur de ma vie. J’ai Ă©tĂ© cherchĂ© si loin…

Je viens enfin Ă bout de ce dernier tour passĂ© en compagnie de Cyril en vĂ©lo, Jean Marc, Elena, Alexia, Emma, Caro, Marine, dans la souffrance, et avec des objectifs « marche dynamique » et course dĂ©s que je le pouvais. La nuit noire est tombĂ©e depuis bien longtemps, il est presque 23h, il me reste quelques mĂštres avant d’arriver sur le tapis bleu et franchir cette arche d’arrivĂ©e que j’ai tant imaginĂ©e…

A 300m de l’arrivĂ©e tout le monde est lĂ , c’est FOU, ils sont tous restĂ©!! Ils sont tous lĂ Ă crier, m’encourager, je ne les vois pas bien je ne suis plus trĂšs lucide mais BORDEL qu’est ce que ça me fait du bien! Impossible de retenir mes Ă©motions, PUTAIN c’est pour ces moments lĂ que j’aime ce sport!

DĂ©solĂ©e si jâai fait durer le suspense pour ceux qui suivaient Ă distance đ
MERCI Ă tous ceux qui mâont soutenue infailliblement jusquâau bout de la nuit, qui mâont accompagnĂ©e, attendue et qui ont cru en moi đđ»
Ils ont Ă©tĂ© si nombreux sur le bord de la route toute la journĂ©e, jâen reviens pas dâavoir eu autant dâencouragements! Et jâen avait bien besoin!
Les mots me manquent pour les remercier TOUS, un par un, une par une: de prĂšs comme de loin. Vous avez Ă©tĂ© incroyables, vous mâavez portĂ©e!

Mes parents qui sont venus me soutenir pour la premiĂšre fois sur un triathlon (et pas nâimporte lequel)câĂ©tait la đâ€ïž
MERCI à mon coach, Karoly, pour la belle prĂ©pa, pour ton Ă©coute, ton soutien et de mâavoir attendue đđ»
Un clin dâĆil tout particulier Ă mon chĂ©ri et Ă mes copains, copines pour leur accompagnement jusqu’Ă la fin!

On mâavait dit que lâambiance de cette course Ă©tait dingue et je confirme quâelle est bien plus FOLLE que ce que jâavais pu imaginerđ
Spectateurs, bĂ©nĂ©voles, concurrents, copains, tous, vous ĂȘtes dingues !
Sans vous tous, je nây serai pas arrivĂ©e.
Cette mĂ©daille nâest pas uniquement la mienne, câest la nĂŽtreâ€ïžâđ„
Bordel, je lâai fait, jâai terminĂ© lâEmbrunMan!
Je me souviendrai de ce 15 août 2024 !
Et vous savez quoi? Je reviendrai đ
Embrunman, ma troisiĂšme Ă©toile đ
â±ïž 17h17ÂŽ51ââ
đđ»ââïž 3,8km / 1h11
đŽđ»ââïž 188km 3800D+ / 9h29
đđ»ââïž 42,2km 400D+ / 6h23
