SaintĂ©Lyon 🌖

 « On court tous pour quelque chose ou pour quelqu’un » 

J’avais hĂąte de prendre le dĂ©part de cette course, pourtant je pars sur une mauvaise dynamique de course dĂšs le dĂ©but. La frustration d’ĂȘtre partie dans un Sas Ă©loignĂ©, les « bouchons » Ă  pas mal d’endroits, et un mal de ventre crescendo.
Je n’arrive pas Ă  me mettre dans ma course, j’attends avec impatience Sainte Catherine (km30) oĂč je sais que je reprendrai un peu de peps en retrouvant Cyril.

Entre Saint Christo (km20) et jusqu’à la descente du Signal de Saint AndrĂ© (km45), je ne compte plus le nombre de chutes assez impressionnantes sur le verglas, lĂ  haut, c’est une patinoire😅

Merci aux compagnons bienveillants qui m’auront rattrapĂ©e Ă  bien des reprises 🙏

Anecdote: un bout de descente du Signal sur les fesses, c’était bien plus pratique đŸ€·â€â™€ïžđŸ˜…

Et puis, Ă  Saint Genoux (48eme), le lever du jour que j’apprĂ©hendais tant m’a finalement sauvĂ©e.
Je n’ai rĂ©ussi Ă  avaler qu’un gel depuis Ste Catherine, il va falloir bien gĂ©rer la suite, mais le soulagement de voir Lyon fait que je me remobilise!


Depuis le dĂ©part, mon corps portait mon mental. Retournement de situation: le mental vient enfin et portera Ă  son tour mon corps, jusqu’à la fin. Je ne remercierai jamais assez mon corps et ma tĂȘte d’avoir su collaborer enfin!

A partir de Soucieu (km60), les flasques dĂ©gĂšlent, je rĂ©ussi Ă  manger et j’ai chaud (merci les pĂątes de fruits, le chocolat et la gentille bĂ©nĂ©vole qui m’a proposĂ© du sirop de menthe dans ma St Yorre en refermant ma flasque « pour pas que ça me mouille les mains » 🙏).
C’est sĂ»rement ce qui a contribuĂ© Ă  garder le peu d’Ă©nergie qu’il me restait pour courir.

A Chaponost (km65) mes genoux ne tiennent plus face aux descentes, mon adducteur bloque ma jambe gauche, mon corps entier souffre, mais je me dois de continuer Ă  courir.
Petit rythme Ă  pas certain. Grand rĂȘve arrive petit Ă  petit.
Ces 15 derniers km ont clairement Ă©tĂ© les plus longs que j’ai connu.
En passant l’Aqueduc de Beaunant, je sais qu’il me reste 6km, l’émotion arrive toute seule.

En voyant le MusĂ©e des Confluences puis en passant le pont Raymond Barre, elle m’envahie.. et en arrivant Ă  la halle, difficile de la retenir, elle s’échappe.

Je franchis l’arche, avec une sensation d’accomplissement extrĂȘme, c’est la fin d’une bataille inexplicable.
On m’avait prĂ©venue, La SaintĂ©Lyon, il faut la vivre pour comprendre.

Et parce qu’encore une fois dans cette aventure, je n’étais pas seule: ON l’a fait. J’ai eu un assistant du tonnerre, qui a acceptĂ© de se transformer en surgelĂ© picard toute la nuit, et qui a veillĂ© Ă  ce que tout se passe bien pour moi. Sans lui, moralement, ça aurait Ă©tĂ© trĂšs compliquĂ©.💙

Dans cette course, oĂč je suis allĂ©e au bout de moi mĂȘme, j’ai poussĂ© mon corps quand il hurlait de douleur, j’ai tentĂ© de redresser mon mental lorsqu’il flanchait le plus. Et je me suis rendue compte Ă  quel point cette annĂ©e m’avais fragilisĂ©e sur ce dernier point.

J’ai dĂ©testĂ© autant que j’ai aimĂ© cette SaintĂ©Lyon, dans la beautĂ© de sa difficultĂ©, dans la douleur, le dĂ©passement mais aussi dans l’apaisement et l’émotion.
Ce contraste m’a permis de retrouver des sensations que j’avais Ă©garĂ©es, des morceaux de vie que j’avais perdus, des fragments d’ñmes que je m’étais laissĂ©e arracher.
Je suis venue pour me retrouver, me prouver que j’étais encore lĂ , que j’étais capable.
Dimanche 3 dĂ©cembre, Ă  travers la nuit et au lever du jour, j’ai trouvĂ© des affirmations Ă  bien des doutes que j’avais en moi.

Et comme on apprend de ses erreurs, je me souviendrai que:

1ïžâƒŁ Faire la queue assez tĂŽt dans le Sas de dĂ©part est nĂ©cessaire, sinon on se retrouve dans une vague qui n’est pas la sienne, ça bouchonne, et on ne peux pas trop courir. Et ça
 c’est pas bon pour le moral.

2ïžâƒŁ On oublie plus jamais l’alu pour les flasques sinon ça gĂšle.

3ïžâƒŁ RĂ©chauffer l’eau dans sa bouche ça sauve (merci casquette verte pour le tips)

Enfin, parce que « on court tous pour quelque chose ou pour quelqu’un » je cours aussi pour ceux qui ne sont plus lĂ , et aprĂšs l’IronMan de Nice, j’attribue une deuxiĂšme Ă©toile Ă  cette course.⭐

Merci à tous pour votre soutien incroyable. Merci et à tous les gens et les bénévoles sur le parcours, toute la nuit, toute la matinée.

AprĂšs cette premiĂšre SaintĂ©Lyon pour premier ultra distance, mon coeur est rĂ©chauffĂ©, mon Ăąme est apaisĂ©e. (Et mes jambes sont en papier 😂)


DĂ©part 00h40 Ă  Saint Etienne- arrivĂ©e 13h26 Ă  Lyon – 12h50 de SaintĂ©Lyon ✹

Est ce que je reviendrai ?

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